Entendu au conseil municipal d’avril…

Depuis déjà 2 mandats, Julien Polat annonce une ouverture au débat démocratique… mais les élu⋅es minoritaires ont vite constaté l’impasse.
Au dernier conseil d’avril, nos élu⋅es ont continué de proposer, sans rencontrer la moindre écoute ! Voiron en Commun invitait la majorité à assumer ses choix politiques, car d’autres options sont possibles.
Le maire n’apprécie pas, et sans jamais considérer les remarques il use d’attaques hors de propos.
Constatez par vous-mêmes, et aidez-nous à faire jouer le contre-pouvoir démocratique !

Égalité femmes-hommes : il suffirait de dire que tout va bien…

Citations du conseil d'avril Rapport annuel égalité femmes-hommes : les femmes ont moins de responsabilités et gagnent moins que les hommes à la mairie de Voiron Julien Polat : Tout va bien ! Passons à la suite… Voiron en Commun : Ces constats doivent déboucher sur des objectifs, des indicateurs et des moyens d'action, au sein de la mairie et dans toutes nos politiques municipales

Après les rappels de l’opposition lors du mandat précédent, la majorité prépare enfin le bilan obligatoire sur les inégalités femmes-hommes (accessible au public ? à voir…). Bien qu’il mentionne des inégalités de responsabilités et de salaires, la conclusion est “tout va bien, passons à la suite !”… pardon ?

Nos élu⋅es soulignent que le but de ces observations est d’établir des objectifs, une stratégie et des moyens pour tendre vers une réelle égalité ! Par ailleurs elles déplorent que cette évaluation se cantonne seulement aux salarié⋅es : la portée de chaque investissement, chaque action municipale pourrait être aussi considérée sous l’angle de l’égalité. Nous appelons donc la ville à se saisir de cette problématique avec plus d’ambition…

Réponse du maire : aucune prise en compte des suggestions, de la dérision, et “enchaînons” : le maire n’est visiblement pas intéressé par le sujet.

Budget 2026 : ayez confiance, les experts gèrent…

Yves Allardin, seul adjoint invité à parler plus de quelques phrases ce soir, nous dévoile ses morceaux choisis sur les finances de la ville. Ça va vite, c’est difficilement lisible depuis les places du public ; pas de pédagogie : les choix politiques de mettre des millions ici et pas là ne sont pas expliqués et défendus, mais masqués sous des pseudo-évidences techniques…

Si on connaît quelques dossiers, on peut se rendre compte qu’on passe du temps sur des points insignifiants (quelques millier d’euros pour lesquels il n’y a pas à débattre)… pour mieux sauter les gros poissons ! Le coût du Tour de France ? pas précisé. L’explosion des achats logiciels ? sans commentaire. Des centaines de milliers de “petites dépenses” : on parle de quoi ? (par exemple quelques voyages autour du monde ?)

Et terminer par une pique sur l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) en retard de paiement, alors que c’est justement leur camp politique qui la démantèle (gouvernement et sénat), ça n’a aucune cohérence !

Julien Polat reprend la barre pour donner “son analyse personnelle”, c’est à dire vendre leurs “grandes ambitions” malgré “des conditions singulières”…

À la perspective d’une hausse d’impôts, Julien Polat répond

“nous n’irons pas chercher dans la poche du contribuable”

ramener l’impôt à du vol, quelle déformation (ultra-libérale), alors que c’est le seul levier de la redistribution des richesse, pour contribuer à la vie de la collectivité…

L’analyse de nos élu⋅es : il y a lieu de questionner ces choix risqués

Enfin nos élu⋅es peuvent exprimer leur lecture du budget (et si l’un⋅e d’entre eux n’a pas eu la parole et tente de s’exprimer, malheur : “c’est moi qui organise !” s’énerve Julien Polat).

Nous alertons au sujet de l’endettement de la ville : la majorité table sur une inflation irréaliste (0.8% au lieu de 1.9%), et lance de grands travaux pour le sport, sans subvention (pas de participation du département ou de la région, ni de l’état) : cette part majeure des futurs investissements concerne finalement un nombre assez faible de Voironnais⋅es…

Nous déplorons, malgré le discours d’“ouverture” du maire, l’absence de transparence sur les choix d’investissements : refuser de donner des informations en commissions, de publier un budget prévisionnel d’investissements, c’est cacher ses intentions aux Voironnais⋅es !

Enfin, alors que le budget stationnement pèse très lourd dans le fonctionnement et dans les emprunts (4M€, jusqu’à 30 ans), de nouveaux parkings sont encore un point important du programme !

Interpellé, Julien Polat ne répond pas mais bombarde de polémiques

“Le cirque recommence”

Pour ce tout premier débat en conseil, le maire redémarre donc en démontrant son profond (ir)respect de la démocratie… on va voir qui occupe la scène avec le plus d’outrances ?

“On a passé des heures, mis les services à contribution pour répondre à vos demandes, si c’est comme ça on va arrêter de le faire… ça me tracasse pas des masses”

Mais les informations de base pour le travail budgétaire devraient être prêtes et partagées, sans qu’il y ait besoin de les réclamer !
Que cela demande du travail aux élus majoritaires et aux services, n’est-ce pas en partie pour cela qu’ils sont rémunérés… eux ?
Car rappelons que la majorité a choisi d’accorder une rémunération maximale au maire, et des indemnités de délégation à chacun de ses 29 élu⋅es, mais rien pour les 6 élu⋅es minoritaires. Ils et elles sont donc les seul⋅es bénévoles à fournir tout le travail sur leur temps personnel (de nombreuses communes font le choix de répartir les moyens plus équitablement, et nous avions promis de le faire).

“Vous qui êtes à la France Insoumise et adorez M. Mélenchon… vous essayez de faire peur, vous caricaturez”

Mais quel est le rapport avec la dette de Voiron ? (on pourrait jouer à répondre que M. Polat a toujours été à l’UMP/LR, a adoré M. Carignon ou M. Sarkozy, ou a soutenu M. Zemmour pour la présidentielle…)

Cette attaque est elle-même une caricature, dans la suite des intimidations pendant la campagne de membres de son équipe nous ayant crié publiquement “LFI assassins”, slogan collé ensuite sur nos affiches.

“Je vais transmettre votre hostilité aux clubs de foot et de rugby, aux joueurs, supporters et partenaires”

Nous demandons transparence et équité, pour que tous les clubs fonctionnent sereinement ; le maire déforme complètement et joue le clivage et le clientélisme : c’est de la politique moche qui dégoûte les citoyen⋅nes.

“Vous êtes contrariés que le stationnement coûte à la ville, mais le cycle ne fait pas de recette !”

Opposer les automobilistes aux cyclistes (ou piétons…), c’est ce que nous refusons de faire. Et les dépenses de fonctionnements ou les investissements n’ont rien à voir !!

“Vous voulez des parkings à 7€ de l’heure comme à Lyon ?”

Ça devient de l’hallucination : personne n’a demandé ça… et le chiffre est fantasmé !

Citations du conseil d'avril Voiron en Commun : La dette de la ville atteint un niveau risqué, et vous investissez lourdement dans des projets qui concernent assez peu de Voironnais⋅es Julien Polat : « Le cirque recommence »  « vous, à la France Insoumise qui adorez M. Mélenchon… vous caricaturez » « Je vais transmettre votre hostilité aux clubs » Pas de débat politique : attaque hors de propos, Intimidation, clivage et clientélisme…

Ne pas laisser faire : rester calmes et sérieux⋅ses

Même s’ils et elles découvrent la politique, nos élu⋅es ne se laissent pas impressionner : face au déversement d’attaques creuses, plusieurs reviennent calmement sur les points techniques du budget, pour éclairer les choix politiques qu’ils cachent…

Prétendre qu’un budget prévisionnel d’investissement est contenu dans un beau programme surtout plein de photos, ça ne présente pas une gestion sérieuse.

Affirmer que la dette est remboursable en 7 ans alors qu’un calcul simple donne près de 9 ans, il y a un problème.

L’analyse globale du budget de fonctionnement (fiscalité, facturations…) révèle des problèmes structurels. L’encours de la dette s’accroît durablement : bien plus qu’un mandat pour rembourser.

Citations du conseil d'avril Voiron en Commun : Des millions pour des parkings, toujours aucune étude pour démontrer leur utilité Julien Polat : « Je n’ai rien à prouver ! » VeC : Pouvez-vous indiquer les critères pour les subventions aux associations ? JP : « Nous traitons au cas par cas » De la transparence ? Plutôt le pouvoir de décourager ou s’attacher des habitant⋅es

Alors que développer les déplacements cyclistes a un coût global faible, projeter encore des parkings est un choix pro-voiture… alors qu’il n’y a toujours pas d’étude sur leur utilité (ni avant, ni après leur construction) : pourquoi sont-ils aussi déficitaires ? Réponse “argumentée” :

“Je n’ai rien à prouver, vous n’êtes pas inspectrice”

Un maire doit pouvoir rendre des comptes sur les choix de la commune, et ce, tout au long de son mandat.
Et au passage, rien n’a été « prouvé » non plus au commissaire enquêteur du PLU qui émettait déjà ces réserves…

Aide aux associations et transparence : nos demandes irréalistes, une discussion inutile ?!

Il est proposé de reconduire une répartition similaire à l’année précédente, plus un soutien exceptionnel à l’ALV basket en difficulté, au regard d’un plan de redressement (y a-t-il des éléments publics pour se faire un avis ?)

Nous approuvons le soutien des associations en général, et suggérons que la ville propose aussi une aide technique et pas que financière (un besoin remonté pendant notre campagne)…

Face à la question des outils de suivi, la municipalité dit se baser sur les dossiers de demandes (ou les contrats d’objectifs), les compte-rendus des Assemblées générales (nombre d’adhérents, bilan comptable), et estime si les actions bénéficient à l’intérêt général.

Nous demandons s’il y a des critères d’arbitrage qui peuvent être rendus publics. L’adjointe à la culture nous répond qu’il y a trop de diversité et que c’est du cas par cas (avant 2014, de tels critères étaient pourtant discutés et utilisés, dans une relation saine avec les associations)…

Nous appelons à des efforts de transparence. M. Polat estime l’idée louable mais irréaliste, et la “discussion inutile puisque nous avons déjà voté pour l’attribution des subventions” (ce qui compte, c’est les votes, les propositions et les débats c’est une perte de temps ?).

L’action sociale, peu d’intérêt pour le conseil municipal ?

A l’évocation du budget lié au CCAS, nous soulignons une réelle montée de la précarité à Voiron comme ailleurs, et invitons la ville à agir pour des publics peu aidés. Le maire s’agace :

“on ne va pas refaire ici un CA du CCAS, on a des partenaires associatifs pour tout ça, par souci d’efficacité chacun à sa place !”

La ville paye le parking

Antony Moreau propose de passer “directement à l’essentiel” (slogan de campagne)… la subvention de 480k€ pour le parking Grand Angle !

Le montant de cette subvention est majeur, plus que pour bien des actions sociales, culturelles ou envers la jeunesse… et pour qui ? Les usager⋅es de ce parking représentent-ils une part importante des habitant⋅es de Voiron ? Pas d’étude pour vérifier l’efficacité de cette utilisation de l’argent public.

Représentants dans les organisations

La ville siégeant au conseil d’administration de nombreuses instances, le conseil élit des représentants, issus de la majorité tant qu’il y a moins de 5 postes “pour respecter la proportionnelle” (du conseil avec prime au vainqueur, pas des élections)…

Pas d’inclusivité ici : une de nos élues faisait remarquer que seuls des hommes avaient été proposés, une illustration des biais sexistes dans les postes d’influence.

Réaction :

(gros soupir) “je ne suis pas sûr qu’on aide l’humanité en disant à une femme ‘tu es là parce que tu est une femme’… vous jouez un jeu absolument inutile”

Cela illustre l’incompréhension totale du sujet : la majorité n’envisage visiblement pas que des femmes parmi les élues ont les compétences pour siéger à ces postes ! Ces vieux réflexes les tiennent écartées sans aucune remise en question.

“je ne suis même pas obligé de vous offrir cette 5ème place, je n’ai même pas un retour de votre part ! Je m’autoriserai donc à changer cette règle”

“Merci majesté pour votre mansuétude” ! Pour le maire, les bonnes pratiques démocratiques sont un cadeau dont on serait redevable… On navigue entre petits arrangements et affirmation du pouvoir.

Le turbo pour finir

Les points restants à l’ordre du jour doivent s’enchaîner : “nous sommes pressés, il nous faut être efficaces”… Mais pour chaque intervention de ses adjoint⋅es, le maire reformule extensivement ce qui vient d’être dit, développe ses sentiments, et tient à avoir le dernier mot, comme toujours.

Installation de la crèche privée “King Jouet”

Pour le maire

“cela correspond à l’évolution de l’attente des familles”
“dans un monde idéal, l’offre privée satisferait aux besoins : cela ferait gagner de l’argent à la ville”

Pas de doute, une telle vision du service public (enfin, de sa disparition) est au top du libéralisme.

Nos élu⋅es votent contre, rappelant que le chantier lui-même est déjà contesté, et que ce service privé, plus coûteux, exclut les familles plus précaires.

Question au conseil : du traitement du journalisme…

Nos élu⋅es avaient envoyé une question sur l’exclusion d’un journaliste de la table de presse (suite à la parution de son livre sur Julien Polat).

Le concerné se moque :

“quelle symbolique : pour une première question, c’est une tempête dans un verre d’eau”

Le musellement de la presse étant un signal fort de la fascisation, M. Polat n’a pas perdu son procès en diffamation pour rien !

Citations du conseil d'avril Voiron en Commun : 20 représentants, aucune femme ?! Julien Polat : « On n’aide pas l’humanité… vous jouez un jeu absolument inutile ! » VeC : Vous excluez un journaliste de la table, parce qu’il sort un livre critique ?! JP : « Vous parlez d’une tempête dans un verre d’eau ! » L’égalité et la liberté malmenées… un triste exemple de démocratie !

Conclusions ?

Venez assister au conseil municipal, en vous demandant pour chaque point présenté si cela sert bien tout le monde…

Soutenez les élu⋅es minoritaires qui travaillent à découvrir et dévoiler les zones d’ombre des choix du maire, et passer derrière son message lissé.
Cela leur attire des attaques violentes, hors de propos, et cela révèle la façon d’exercer le pouvoir de notre maire (même si ceux et celles qu’il a conquis⋅es ne veulent pas le voir).

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